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"L'Incongru" : Amel Meliani porte le noble art sur grand écranLe 19/01/2020

Amel Meliani, 22 ans, est étudiante en droit. Mais depuis plusieurs mois, un projet occupe la majorité de son temps libre : la réalisation de « L’Incongru », un moyen-métrage qui gravite autour de l’univers de la boxe. Nous l’avons rencontré pour en savoir plus sur la construction de son oeuvre ainsi que la suite qu’elle comptait lui donner.

Comment t'es venu ce projet de réaliser un film ?

J’ai commencé le cinéma comme un loisir, pour occuper mon temps libre. Mes premiers pas dans le milieu se font en tant qu’actrice dans quelques courts et longs métrages. Mais je n’étais pas à l’aise dans ce rôle devant la caméra, je me sentais restreinte et sans marge de manœuvre pour m’exprimer. J’ai donc décidé de me lancer dans la réalisation d’un court-métrage, en commençant la rédaction de son scénario. Je souhaitais présenter ce film dans les festivals dédiés aux courts-métrages, comme le festival Nikon.

 

 

Au fur et à mesure de l’écriture du scénario, le format court-métrage est devenu… Trop court ! « L’Incongru » a donc pris de l’ampleur en devenant un moyen métrage d’une trentaine de minutes.

Comment as-tu réussi à gérer l'aspect matériel et financier de ce projet ?

J’ai été très limitée en terme de budget. Des aides de mon université m’ont permis de louer le matériel vidéo et audio nécessaire à la qualité requise pour distribuer le film au format cinéma. Mais toutes les personnes qui ont travaillé sur le film sont bénévoles !

Sans trop en raconter, peux-tu nous dire quelques mots sur la place de la boxe dans le scénario ?

C’est l’histoire de Zayeen, élevé dans une famille maghrébine avec une culture de la réussite très développée. Toute sa fratrie est en situation de réussite sociale, mais il ne se retrouve pas dans ce modèle. Il abandonne ses études et se plonge dans sa passion : le sport et la boxe. Le film aborde les difficultés du personnage à gérer les attentes du cercle familial et la discipline nécessaire à la réussite sportive. Les fréquentations qu’il se créé dans le milieu de la boxe lui sont bénéfiques pour certaines, mais d’autres le poussent à faire des choix qui lui porteront préjudice. C’est tout ce que je peux te dire sans spoiler le film aux spectateurs ! (rires)

J’ai écrit moi-même le scénario, et il est fictif à 100%. Aucun des personnages ne trouve son inspiration dans la vie réelle… Et pourtant, certains acteurs présents dans le casting se sont reconnus dans cette histoire. Ils se reconnaissent, trouvent une résonnance par rapport à leur propre expérience de vie. C’est rassurant, ça me conforte dans mes choix de scénarios.

Ton casting comporte un nombre important de boxeurs. Quelles sont les motivations derrière ce choix ?

Pour le choix du casting, j’ai décidé de ne pas suivre la méthode conventionnelle qui est de s’adresser à une agence, ou poster une annonce sur un site spécialisé. J’ai contacté des profils qui collaient à la vision que j’avais des personnages, via les réseaux sociaux ou grâce à des relations en commun. Il me semblait important de valoriser également l’aspect humain, au-delà des qualités premières des acteurs. J’avais également la volonté de travailler avec des gens du milieu des sports de combats, qui comprennent les enjeux que rencontrent les personnages. Karim Ghajji (Kickboxing), Jaad Belgaid (Judo), Benjamin Da Cunha (Boxe anglaise) ou encore Guillaume Babouin (Muay Thaï) permettent également d’avoir des scènes d’entrainement explosives et proches de la réalité du sport.

 

Parmi le casting, certains n’avaient aucune expérience d’acteurs ! Jaad Belgaid par exemple, qui incarne le personnage central du film. J’ai pourtant été très agréablement surprise par leur performance derrière la caméra, et je ne serais pas étonnée qu’ils reçoivent rapidement d’autres propositions de rôles après la diffusion du film.

Pourquoi avoir intégré la boxe dans ton scénario ?

J’ai pratiqué de nombreux sports de combats dans ma jeunesse, principalement du judo à haut niveau. Cette proximité avec les sports de combats m’a sans doute influencé ! Et puis, la boxe au cinéma, c’est tout une histoire. Faire boxer ses personnages, c’est l’assurance d’une intensité à l’image mais également d’une profondeur de caractère exacerbée.

 

« L’Incongru » pourrait avoir une suite, sous forme de long métrage ou de séries. Zayeen, le protagoniste du film, devrait alors se diriger vers le MMA. Les scènes de boxe seront alors mêlées aux combats au sol. J’ai hâte d’en arriver à ce stade !  Les sports de combats au sol sont rarement mis en avant au cinéma, et c’est un défi excitant de combler ce manque.

Comment s'est passé ton choix de lieux de tournage ?

Les scènes de boxe ont été tourné dans un lieu emblématique pour tous les connaisseurs : la salle de l’île de Vanves, dans laquelle s’entraîne le Red Star de Saint Ouen. Après avoir reçu les autorisations nécessaires de la mairie, j’ai pris contact avec Eric Tormos qui est en charge du club. Nous avons convenu d’horaires de tournages qui ne perturberaient pas les entraînements de ses boxeurs, mais certains curieux ont été attiré par nos caméras et ont fini par être engagés comme figurants !

 

 J’ai choisi cette salle parce que je connaissais le complexe sportif, dans lequel je m’entraînais à une époque. Elle respire la boxe et l’authenticité. Les affiches sur les murs sur lesquels figurent les anciens boxeurs du RSOA, les cordes du ring usées par l’usage… Tous les éléments de la salle rappellent son histoire et celle de ceux qui l’ont fréquenté. En termes d’image, les couleurs rouges du sol et des rideaux permettent un rendu visuel chaleureux qui donnent un plus à l’ambiance familiale du lieu.

Quels sont les films qui t'ont inspiré dans ton travail ?

Un film m’a particulièrement marqué : « Mais Forte Que o Mundo« , qui retrace la carrière Champion MMA Jose Aldo. La tension présente dans le film, mêlée à la pratique du MMA, m’a beaucoup inspiré pour « L’Incongru ». 

Comment se présente l'avenir pour L'Incongru ?

Le tournage étant terminé, le film est actuellement en phase de post-production. Cette phase nécessite la location d’un studio de post-production, afin de produire un travail qui correspond aux standards de qualité de l’industrie du cinéma. Le ontage, l’étalonnage, le mixage, sont des aspects décisifs de la création d’un film. J’ai mis en place une cagnotte pour nous aider dans cette phase ! 

 

Dans quelques mois, le film sera envoyé dans plusieurs festivals et nous pourront avoir des retours sur notre travail. Après ce passage en festival, nous chercherons à diffuser L’Incongru au grand public, via une plateforme de streaming.

 

La dernière phase de ce projet est de lancer une suite, à travers une série ou un long métrage. J’ai déjà quelques idées de scénario en tête !

Soutenez "L'incongru" en participant à la cagnotte mise en place pour financer les coûts de post-production du film.