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Chadi Baraia : En route pour Paris 2024Le 26/12/2019

Pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas, qui est Chadi Baraia ?​

Je m’appelle Chadi Baraia, j’ai 17 ans et je pratique la boxe depuis mes 5 ans. Ce sont mes grands frères qui m’ont donné envie de pratiquer ce sport, puisqu’ils étaient tous les deux boxeurs. Aujourd’hui, Nader, le plus grand, est devenu arbitre international et Rami est en convalescence après une blessure. J’habite à Vigneux, là où j’ai commencé à boxer. Après quelques conflits internes dans ce club, je me suis délocalisé à Montgeron avec mon entraîneur de toujours.

 

J’ai disputé mon premier assaut en boxe éducative à l’âge de 7 ans, et j’ai décroché les titres de Vice-Champion de France Cadets 2017, Champion de France Cadets 2018, Vice-Champion de France Junior 2019. Ce palmarès m’a ouvert les portes des Equipes de France Cadets puis Junior, au sein du CREPS de Nancy. Grâce à ma place en équipe de France, j’ai l’opportunité de m’entraîner et de mettre les gants avec les meilleurs Français de ma génération. J’ai pu également acquérir de l’expérience internationale en participant à plusieurs tournois à l’étranger. Notamment le Mostar International Tournament, pendant lequel j’ai brillé et qui m’a ouvert les portes des Championnats d’Europe Juniors en -64Kgs

Comment s'est passé ce Championnat d'Europe ?​

J’ai passé le premier tour en battant un Ukrainien par décision majoritaire. Ensuite, j’ai rencontré un Ecossais très expérimenté. Le combat était bizarre… Il m’a fuit pendant les trois rounds, et s’est imposé à l’unanimité. Je ne remets pas en cause la décision, mais c’est bizarre que les juges valorisent cette boxe peu ambitieuse et fuyante. J’ai le sentiment de lui avoir marché dessus pendant tous les rounds.

Après un tel début de carrière, quels sont tes objectifs à long terme ?​

Mon objectif actuel est de me qualifier pour les Jeux Olympiques 2024, à Paris.

La route est encore longue, mais je sais que les entraîneurs de l’Equipe de France prépare déjà cette compétition, en observant les boxeurs de ma génération. Pour assurer mes chances de qualifications, je dois enchaîner les grosses performances, aussi bien sur la scène nationale qu’internationale. Il faut que les responsables de l’Equipe de France sachent que je suis capable de boxer à l’extérieur, sous la pression. Tout ce chemin commence par les Championnats de France Junior 2020, pendant lesquels j’irais tenter de décrocher le titre.

Crains-tu d'être victime de décisions litigieuses, comme d'autres français avant toi ?

Bien sur que ça fait peur. Tous tes rêves, tout ton travail peut être détruit par une mauvaise décision des juges. On sait que certaines nations sont très influentes, et leurs boxeurs sont souvent avantagés dans les décisions des juges. La Russie par exemple. Quand tu boxes un Russe, tu sais que c’est comme si tu partais avec un round de retard.

 

Mais d’un autre côté, on ne peut rien y changer. Si la décision te donne perdant, tu rentres à la maison et ton adversaire continue le tournoi. Même si tu te plains sur Facebook, Instagram, même si des journaux en parlent… Rien ne peut changer le fait que tu sois éliminé. Donc c’est à nous de faire le job pour que la possibilité de se faire voler soit la plus mince possible !

Christ Esabe, 18 ans, est devenu le plus jeune Champion de France professionnel. Pourquoi ne pas suivre ce modèle et passer rapidement chez les rémunérés ?

J’aime la boxe pro, c’est une manière de boxer qui me plaît beaucoup. Mais je veux vivre le rêve olympique, je veux pouvoir dire que j’y ait participé. Et puis, dans la boxe, participer aux Jeux est le meilleur moyen de démarrer une belle carrière professionnelle. Participer aux Jeux certifie que tu fais partie des meilleurs mondiaux de ta génération, de manière plus marquante qu’un titre mondiale amateur par exemple. Je veux qu’on connaisse mon nom dans le monde de la boxe amateur mondiale. Pour l’instant, je suis surtout connu comme « Le petit frère de l’arbitre » (rires).

J’effectuerais mon passage chez les professionnels quand j’aurais l’intime conviction que le moment est bien choisi.

En parlant de carrière, comment se passe ta vie en dehors de la boxe ?

J’ai obtenu mon baccalauréat en 2019, et je viens de commencer une L1 STAPS à l’UPEC. Du coup, j’ai dû quitter le CREPS de Nancy, auquel je suis toujours rattaché administrativement en tant qu’externe. Afin de pouvoir continuer à m’entraîner en Ile de France, je rejoins l’Equipe de France Senior plusieurs fois par semaine à l’INSEP. Poursuivre mes études dans le domaine du sport me permet d’espérer décrocher un diplôme tout en continuant à m’entraîner pour atteindre mes objectifs. L’UPEC me permet de m’absenter pour m’entraîner et organise le rattrapage des cours sur Internet par exemple.

Quelles sont tes prochaines échéances ?

En terme de préparation, j’ai un stage avec le Pôle France jeune à Nancy du 16 au 21 décembre. Ensuite, j’enchaine du 13 au 23 janvier avec un stage de préparation physique à Bugeat. Je devrais remonter sur le ring en février, pour un ou deux tournois internationaux. J’irais ensuite disputer les Championnats de France Junior en mars, puis les Championnats d’Europe en mai. Je pourrais ensuite peut-être me qualifier pour les Championnats du Monde qui ont lieu en septembre prochain. Mon emploi du temps est chargé pour les prochains mois.

Un mot de la fin ?

Pour finir, je voudrais remercier tout ceux qui me soutiennent, de près ou de loin (ma famille, mon club du Noble Art Boxing Association). Un remerciement également pour mes sponsors qui me permettent de m’entraîner dans des conditions optimales : Zelys Paris, Sport 200 Montgeron et Proxiform Vigneux.

Soutenez Chadi dans son rêve Olympique en le suivant sur Facebook : Chadi Baraia et Instagram : @chadi_baraia