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Nouveaux Visages : Ali GaltierLe 20/10/2020

Dans une poignée d'année, ils seront les visages de la boxe en France. Découvrez les dès aujourd'hui dans notre série de portraits "Nouveaux Visages".

Carte d'identité

Ali Galtier

 

Né le 21 Décembre 2000 (19 ans) à Aubergenville (Yvelines)

 

Réside aux Mureaux (Yvelines)

 

Poids Welters

 

Droitier

 

Entraîneur : Team Hallab (BAM L’Héritage)

 

Record Amateur : 54 victoires – 6 défaites

 

Palmarès amateur :

 

  • Champion de France Amateur 2016-2017-2018

 

  • Meilleur Boxeur du Championnat de France Amateur en 2018

 

Passage en professionnel le 12 octobre 2019

Record Professionnel : 4-0, 3 KOs

Portrait Ali Galtier
Crédits photo : Overhand

crack chez les amateurs, tueur chez les professionnels

Ok, imagine le monde, et ses milliards d’habitants. Tu le vois ? Ok, zoom un peu, et t’arrives en France. Tu la vois la France ? Bah dans la France, imagine tout les départements, Mais t’en prend qu’un ! Le 78, les Yvelines. Dans le 78, imagine un petit bâtiment, juste à côté des Mureaux. En bas de ce bâtiment, au milieu des années 2010, imagine un petit jeune, fasciné par Muhammad Ali et Sugar Ray Leonard, qui boxe maladroitement avec ses potes. Et qui croise la route des meilleurs entraîneurs de France.

Ali Galtier avant son premier combat professionnel
Crédits Photos : Overhand

Ces histoires là n’arrivent habituellement qu’aux héros de mangas, et c’est pourtant celle d’Ali Galtier.

 

Enfant des Mureaux, il commence les sports de combats par le judo, avant de se diriger vers le kickboxing. Mais sa soif de combattre n’est pas rassasiée : pourquoi la boxe qu’il voit à la télé ne ressemble pas à celle qu’il pratique ?

 

Plein d’énergie, il donne régulièrement rendez-vous à quelques amis pour s’entraîner en plein air. C’est pendant une de ces séances qu’Azziz Hallab, entraîneur du BAM Les Mureaux, repère Galtier. Ses bases de boxe et son envie lui tape à l’oeil, et le coach lui propose de venir dans leur salle.

 

La machine Galtier est alors lancé, mais la route est encore longue. Malgré ses qualités intrinsèques indéniables, il peine à sortir du lot parmi le vivier de talents du BAM. A force de travail, il combat à cinq reprises dès sa première année de pratique. L’année suivante verra son éclosion au haut niveau, puisqu’il remporte le Championnat de France Amateur pour sa première participation.

 

Les performances se succèdent ensuite, ainsi que les titres. Champion de France les deux années suivantes, il remporte également le titre de meilleur boxeur du tournoi en 2018. Auréolé de réussite chez les amateurs, les portes de l’Equipe de France s’ouvrent à lui, avec les Jeux de Tokyo et de Paris en ligne de mire.

 

Mais Galtier préfère suivre les pas de son partenaire Christ Esabe, de quelques mois son aîné. Encadrés par l’équipe des frères Hallab, les deux jeunes boxeurs rejoignent les rangs professionnels au cours de l’année 2019. En sous-carte d’une prestigieuse soirée organisée par Brahim Asloum à Levallois, il découvre les premières sensations du monde des rémunérés. Une série de frappes bien placées pousse l’arbitre à s’interposer et à mettre fin au combat dès le second round, marquant ainsi l’entrée victorieuse d’Ali chez les professionnels. Malgré une soirée riche en combats de qualité (un très beau Championnat de France entre Ouatah et Leonnet, ou encore un titre Européen arraché par Amghar), la prestation de Galtier marque les esprits et pousse Asloum Event à le rappeler à deux reprises.

Les combats se suivent et se ressemblent. Asloum Event, confiants des capacités de Galtier, font appel à lui à deux reprises sur des galas organisés à Levallois. En undercard de Christian Mbilli, Yvan Mendy ou encore Elie Konki, « le petit Galtier » fait son nid. Et construit également un lit à ses adversaires, qu’il envoie dormir au tapis.

 

Un énorme défi l’attend, quelques mois seulement après ses débuts professionnels. Après une victoire par KO à Levallois, un combat lui est proposé… Une semaine plus tard. Sans hésiter, Galtier et son équipe acceptent le challenge. Six rounds largement dominés plus tard, la prise de risque est couronnée par une victoire par décision. Frustré de ne pas avoir réussi à terminer son adversaire malgré des assauts percutants et répétés, Galtier peut cependant se féliciter de sa performance. A 19 ans, sa route vers le sommet des classements français semble déjà bien tracée.

peur de personne

Sur le ring, Ali se sent libre. Chaque mouvement est calculé, et ses conséquences assumées. Cette responsabilisation, grisante d’adrénaline, nourrit son envie de boxe. « Tout se qui se passe sur le ring, c’est uniquement ma faute. Quelque soit la personne en face de moi, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même si je ne suis pas prêt. Il a deux bras, deux jambes, comme moi. J’ai pris goût à ce jeu là. » 

Et d’autres se sont également pris au jeu du petit Galtier. L’oeil averti d’Abadila et Azziz Hallab, entraîneurs des Mureaux, guident Ali à travers les méandres d’une carrière encore balbutiante. Lorsque les tentations de la vie d’un adolescent se présentent à Ali, ses entraîneurs le maintiennent dans la réalité du sport de haut niveau : aucun grand résultat n’est accompli sans rigueur et sacrifice.

 

Car les objectifs d’Ali sont déjà fixés. Un Championnat de France le sacrerait dans son pays, afin de s’engager rapidement dans une carrière internationale. Après avoir observer plusieurs compatriotes boxer pour un titre mondial en fin de carrière et échouer si près du but, Galtier souhaite se créer un chemin différent. Les opportunités existent, et seul le travail lui permettra de les saisir. Dans un contexte qui lui sera favorable.

 

Comment lui donner tord, lorsqu’il est encadré des meilleurs entraîneurs de l’Hexagone ? Entouré de Champions (Konki, Esabe, El Hadri, Attou…) au quotidien ? Et lorsque Mehdi Lafifi, manager derrière les récents Championnats du Monde de Zakaria Attou, Yvan Mendy et Guillaume Fresnois, s’occupe soigneusement du match-making depuis ses débuts professionnels.

Ali Galtier et son équipe
Crédits Photo : Overhand

Si l’humilité et le respect habitent son cœur, la peur en est totalement absente. Son regard, froid et pourtant brulant, transperce une première fois ses adversaires avant que ses poings ne s’en chargent. Après quatre combats en six mois, la crise sanitaire le force à ronger son frein. Mais son envie de réussite n’a jamais diminué, avec en ligne de mire les lumières des grandes salles de Vegas.