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New Faces : Marc CastroLe 21/12/2020

Dans une poignée d'année, ils seront les visages de la boxe. Découvrez les dès aujourd'hui dans notre série de portraits "New Faces".

Carte d'identité

Marc Castro

 

Né le 19 août 1999 (21 ans) à Fresno, Californie, USA.

Réside à Fresno, Californie, USA

 

Poids Plumes

 

Droitier

 

Entraîneur : Tony Castro (Fresno Boxing Club)

 

Record Amateur : 117-7

 

Palmarès amateur :

  • Champion du Monde Jeunes 2016 (54 kgs)
  • Champion du Monde Junior 2015  (57 kgs)
  • 17 fois Champion National Américain

 

Passage en professionnel le 19 Décembre 2020

 

Record Professionnel : 1-0 (1 KO)

Mon papa à moi est un boxeur

Tony Castro est un boxeur. Réfugié originaire du Salvador, il s’installe aux Etats-Unis et combat lors de quelques tournois amateurs. Son mariage avec une jeune femme d’origine Mexicaine lui donne un fils : Marc.

 

A sa naissance, Tony a déjà mis fin à sa carrière de boxeur. Mais il ne s’est pas pour autant écarté des rings, puisqu’il est désormais propriétaire et entraîneur d’une salle de boxe. Dès ses 4 ans, Tony enfile une paire de gants à Marc. « Quand je l’ai envoyé sur le ring face au fils d’un de mes amis, j’ai pu voir toute son agressivité. Il n’avait pas peur de prendre des coups, il avait même l’air d’aimer ça ! » 

Tony Castro, ancien boxeur amateur, aux côtés de son fils Marc

Mais Marc n’aime pas vraiment ça. La boxe ne le comble pas autant que le football ou le basketball. Cristiano Ronaldo et Kobe Bryant l’inspire plus que Floyd Mayweather. « Je détestais la boxe car elle faisait partie de mon quotidien depuis toujours, car mon père possédait une salle de boxe. » Lorsque son père l’appelle pour aller à l’entrainement, il fait semblant de dormir pour ne pas se rendre à la salle.

 

Son attitude et son désamour de la boxe change après ses premiers combats, ses premiers tournois… Et ses premières victoires. Les succès s’enchaînent et le plaisir qui les accompagne devient sa principale source de motivation. Les Championnats du Monde Junior en 2015 changeront définitivement sa vision de la boxe. Concentré dès son arrivée sur le territoire Russe qui accueille le tournoi, Marc se hisse sur la première marche du podium après une série de victoires éclatantes.

 

Sa réputation dans le milieu grandit et l’adolescent comprends que ses talents lui offre une opportunité qu’il ne veut pas refuser : celle d’assurer un avenir à sa famille.

Une deuxième médaille d’or aux Championnats du Monde Jeunes lui assure une place dans l’histoire de l’Equipe Nationale Américaine, puisqu’il n’est que le deuxième membre à remporter deux titres mondiaux. Ses trois victoires face au phénomène américain Keshawn Davis complète un palmarès amateur bien rempli. L’objectif fixé alors par son père est simple : un passage en professionnel après une première place aux Jeux de Tokyo. Il deviendrait ainsi le premier Américain depuis Andre Ward en 2004 à remporter l’or olympique.

 

Une intoxication alimentaire la veille du Tournoi de sélection Olympique lui impose un forfait, et met fin à ses ambitions de médaille. Les équipes nationales du Salvador et du Mexique lui ouvre leurs portes, mais Castro est également approché par de plus gros poissons : les promoteurs professionnels.

 

Le 26 février 2020, le choix est fait : Marc Castro rejoint les rangs professionnels et s’entoure de Keith Connolly et Eddie Hearn. Connolly, fraîchement décoré du titre de Manager de l’année, ne tarit pas en éloges. « Marc est l’une des personnalités les plus en vue de la boxe mondiale. Il a tous les attributs pour devenir une superstar sur le ring et en dehors, et nous allons gérer son introduction dans les rangs des professionnels pour nous assurer qu’il maximise son potentiel.« 

un profil idéal pour les promoteurs

La côte de Marc Castro auprès des promoteurs ne s’explique pas que par son niveau pugilistique. Son visage de gendre parfait a fait le tour des différents réseaux sociaux, et son compte TikTok cumule 300.000 followers. A l’image d’un Ryan Garcia, la notoriété digitale de Marc Castro pourrait être un accélérateur de réussite dans sa carrière professionnelle.

Science inexacte, l’utilisation des réseaux sociaux dans la carrière des sportifs est un domaine à prendre avec des pincettes. Comme le rappelait Oscar De La Hoya au sujet de Ryan Garcia, aucune donnée chiffrée ne lie le nombre d’abonnés sur Instagram à la vente de places ou de PPV pour un combat. Pourtant, les promoteurs se montrent friands et le même Oscar De La Hoya a offert au même Ryan Garcia « le plus gros contrat jamais signé par un espoir de la boxe« . Conscient du potentiel de la pépite qu’il détient entre ses mains, Eddie Hearn ne tarit pas d’effort pour le mettre en avant.

 

L’annonce de la signature de Castro chez les professionnels est faite lors d’une conférence de presse précédant l’excellente soirée de boxe organisée par Matchroom le 29 février dernier. Sur cette carte, les grands noms de Mikey Garcia, Joseph Parker ou encore Roman « Chocolatito » Gonzalez. La même conférence de presse voit l’annonce par Eddie Hearn du combat (postérieurement annulé pour des raisons de poids) entre les deux anciens Champions du Monde Regis Prograis et Maurice Hooker.

 

Son premier combat professionnel est alors programmé pour apparaître lors de soirées à grosse audience : le susmentionné Prograis vs Hooker prévu pour la mi-avril, ou le retour de Canelo prévu pour le 5 mai. La pandémie mondiale mettant à l’arrêt l’ensemble de la boxe mondiale, Castro a dû ronger son frein. Eddie Hearn n’hésite pas à lui reproposer une date de combat dès la reprise des gala de boxe organisés par Matchroom, et Castro doit combattre en undercard du gala de Tulsa (qui a vu la Championne invaincue Cecilia Braekhus s’incliner à la surprise générale contre Jessica McCaskill). Un test positif au COVID l’empêche de participer à l’évènement, et ses débuts professionnels sont repoussés.

 

La date du 27 novembre est ensuite envisagé, en undercard du combat Jacobs vs Rosado. Lors de la même soirée, Matchroom laisse libre cours aux jeunes espoirs récemment signés et fait boxer Daniyar Yeleussinov (Champion Olympique 2016), Nikita Ababiy et Mahammadrasul Majidov (dernier vainqueur d’Anthony Joshua chez les amateurs en 2011). Une légère blessure à la cheville l’écarte des rings pour quelques semaines et l’empêche de combattre ce soir là.

 

Impatient et toujours désireux de mettre en avant son jeune phénomène, Eddie Hearn trouve l’occasion parfaite de le faire le 19 décembre : le retour très attendu de Saul « Canelo » Alvarez.

 

Nerveux et généreux dans son effort pendant les trois premières minutes de sa carrière professionnelle, Castro calme son rythme dans la seconde reprise. Une accélération dans le round suivant lui suffi alors à se défaire de son adversaire Luis Javier Valdes, pourtant beaucoup plus expérimenté et qui n’avait jusque là jamais visité le tapis dans sa carrière.

 

Après de nombreux délais, Marc Castro se tourne désormais vers l’avenir. « Je souhaite boxer 6 à 7 fois en 2021. » Le retard à l’allumage pourrait être rapidement oublié, si les victoires avec la manière s’enchaînent.

Agressif dans sa boxe, porté vers l’avant, Castro devra développer une masse musculaire lui permettant d’être plus impactant dans ses frappes. A l’image de son ancien partenaire d’entrainement Ryan Garcia, ses débuts de carrière pourraient être marqués d’une série de KO plus impressionnants les uns que les autres. Si ses débuts se sont fait en super-plumes, ses prochains combats pourraient avoir lieu chez les plumes. Avec comme objectif une montée graduelle en poids au fil de sa carrière jusqu’aux welters, voire super-welters.

 

Face à une générations d’espoirs qui commencent à émerger, de Devin Haney à Jaron Ennis, Marc Castro pourra-t-il se créer une place pour exister ? Comment se classera-t-il parmi la cuvée de boxeurs passés dans les rangs professionnels après Tokyo 2021, qui devrait compter son éternel rival Keshawn Davis ? Son avenir semble brillant, mais semé d’embûches… Et de gros combats pour les prochaines années !