Partagez l'article sur les réseaux sociaux

New Faces : L'Armada OuzbekLe 13/02/2020

Dans une poignée d'année, ils seront les visages de la boxe. Découvrez les dès aujourd'hui dans notre série de portraits "New Faces".

« Al HamduliLlah ! Al HamduliLlah ! »

 

Les cris de joie poussés par Murodjon Akhmadaliev déchire la nuit floridienne. L’annonce de sa victoire à la décision des juges face à Daniel Roman fait de lui un Champion du Monde unifié. Le premier Champion du Monde unifié Ouzbek de l’histoire. Après seulement huit combats professionnels. Et certains de ses compatriotes pourraient rapidement suivre sa voie.

 

Leurs histoires commencent à la fin des années 1980, quand le ministère des Sports Ouzbek décide d’investir massivement en moyens humains et financiers dans la boxe. Les premiers fruits de cet effort sont récoltés à Sydney, lorsque Muhammadkodir Abdullaev remporte la première médaille d’or Olympique de l’histoire de l’Ouzbékistan, tous sports confondus. Seize ans plus tard, les boxeurs ouzbeks n’ont plus brillé sur la scène internationale, aussi bien amateur que professionnelle. La délégation envoyée aux Jeux Olympiques de Rio mettra un terme définitif à cette disette. Formée d’athlètes ayant grandit dans l’admiration des exploits du héros national Abdullaev, chacun rêve d’égaler la réussite de leur idôle. Mais il ne pouvait pas se douter de la réussite qui les attendaient.

 

Sept médailles pour dix boxeurs engagées dans la compétition, dont trois en or. L’Ouzbékistan domine le tableau des médailles aux Jeux de Rio, devant les expérimentés Cubains (suivis de peu par les Français). La boxe ouzbek fait désormais partie du paysage internationale du noble art, et son entrée se fait remarquer au plus haut niveau. C’est Vadim Kornilov, manager réputé dans le milieu, qui décèle en premier le potentiel de l’équipe de Rio.  Sous son impulsion, World of Boxing (société de promotion influente en Europe de l’Est, promoteurs de Provodnikov, Povetkin, etc ndlr) jette son dévolu sur les membres de la délégation olympique.

 

Kornilov ne s’arrête pas là, et demande à Joel Diaz de s’occuper d’entraîner les Ouzbeks. Les deux hommes s’étaient rencontrés lorsque Ruslan Provodnikov, managé par Kornilov, avait disputé plusieurs combats aux cpotés de Diaz. L’entraîneur, loin de réaliser l’ampleur du projet, accepte volontiers la proposition et accueille les Ouzbeks dans son complexe d’Indio, en Californie. Il découvre rapidement un potentiel incroyablement élevé chez ces boxeurs, couplé à une éthique de travail sans faille. Et, facteur indispensable dans une économie de la boxe tournée vers le spectacle, les Ouzbeks font preuve d’un coeur digne des plus grands champions mexicains. « Les gens veulent voir une victoire brutale par KO. C’est ce qui déclenche le buzz », déclare Diaz à propos de ses boxeurs. « C’est la meilleure des publicités ! ».

 

Après plusieurs combats professionnels pour chacun des membres de l’équipe, et un premier titre mondial pour Akhmadaliev, les résultats envisagés par Diaz et Kornilov sont proches de devenir des réalités. Découvrez les membres de cette équipe Ouzbek qui s’apprête à s’installer au sommet des classements mondiaux.

Hasanboy dusmatov

Né le 24 juin 1993 (26 ans) à Andijan, Ouzbékistan.

 

Réside à Indio, Californie, USA.

 

Poids Mi-mouches

 

Gaucher

 

Entraîneur : Joel Diaz

 

Palmarès amateur :

  • Champion Olympique 2016 chez les -49 kgs
  • Détenteur du trophée de meilleur boxeur de la compétition

 

Passage en professionnel le 16 novembre 2019.

 

Record Professionnel : 1-0, 1 KO

 

A l’été 2000, les foules remplissent les rues d’Adijan pour célébrer la médaille Olympique d’Abdullaev, natif de la ville. Parmi eux, un jeune garçon de 7 ans qui rêve d’être le prochain Ouzbek à décrocher l’or olympique. Les rêves d’enfant d’Hasanboy Dusmatov deviennent réalité le 14 août 2016, après quatre victoires par décision unanime. Quelques jours plus tard, il reçoit la plus haute distinction individuelle de la boxe amateur : le trophée Val Barker, désignant le meilleur boxeur du tournoi olympique.

 

Le vent tourne, et Dusmatov se voit dans l’obligation de monter d’une catégorie après la suppresssion par l’AIBA de la catégorie des mi-mouches, dans laquelle il s’était imposé à Rio. Le passage chez les poids mouches ne se fait pas sans encombre, puisqu’il rencontrera la défaite à deux reprises face à l’Indien Amit Panghal en 2017 puis en 2019. Ses proches lui conseillent alors un passage dans les rangs professionnels, avec l’incroyable objectif de disputer un Championnat du Monde dès son premier combat.

 

Ndlr : Pete Rademacher, Champion Olympique chez les lourds en 1956, est le seul boxeur de l’histoire à avoir combattu pour un titre mondial dès ses débuts professionnels. Il s’était alors incliné par KO au 6e round contre Floyd Patterson.

 

Dusmatov rejoint finalement le reste de ses camarades de l’équipe olympique en Californie. Il s’entraîne aux côtés de Joel Diaz, dispute son premier combat professionnel le 16 novembre 2019 face à un jeune boxeur mexicain, et s’impose par KO au deuxième round. A 26 ans, Dusmatov doit désormais faire un choix décisif pour sa carrière : la poursuite d’un titre mondial professionnel, ou celle d’un second titre Olympique aux Jeux de Tokyo ?

Murodjon "MJ" Akhmadaliev

Né le 2 novembre 1994 (25 ans) à Namangan, Ouzbékistan.

 

Réside à Indio, Californie, USA.

 

Poids Super-Coqs

 

Gaucher

 

Entraîneur : Joel Diaz

 

Record amateur : 300-20, 80 KOs.

 

Palmarès amateur :

 

  • Bronze Olympique 2016 chez les -56 kgs
  • Argent aux Mondiaux de 2015
  • Argent aux Mondiaux Jeunes de 2012.

 

Passage en professionnel le 10 mars 2018.

 

Record Professionnel : 8-0, 6 KOs.

 

Champion WBA et IBF des poids Super-Coqs.

Murodjon Akhmadaliev n’a pas attendu pour devenir le visage de la boxe. En janvier dernier, il bat Daniel Roman et s’empare des ceintures WBA et IBF des poids super-coqs. Par cette victoire, il marque l’histoire de son pays mais également de son sport : premier Champion du Monde ouzbek de l’histoire, et Champion du Monde unifié le plus rapide de l’histoire.

 

Ndlr : En devenant Champion du Monde unifié après seulement huit combats, Akhmadaliev égale le record détenu par Leon Spinks. Spinks était devenu Champion unifié en 1978, après huit combats, en battant Muhammad Ali à la surprise générale.

 

Au-delà de l’aspect historique de sa victoire contre Daniel Roman, il s’agit également d’un accomplissement personnel pour Akhmadaliev. En larmes après l’annonce du résultat, l’Ouzbek n’avait jamais réussi à s’imposer en finale d’un tournoi mondial chez les amateurs. 

Combinant une aisance technique à une volonté offensive d’annihilation, Akhmadaliev dispose du bagage complet pour devenir l’un des boxeurs les plus en vue des prochaines années. Son style aggressif devrait également lui apporter les faveurs du public, habituellement réticent à suivre les boxeurs non anglophones et porteurs de noms exotiques.

 

Unification contre Emmanuel Navarette (Champion WBO) ou Rey Vargas (Champion WBC), revanche contre Daniel Roman, ou passage dans une catégorie supérieure ? Murodjon Akhmadaliev ne refusera aucun défi, pour notre plus grand plaisir !

Batyr Akhmedov

Né le 20 décembre 1990 (29 ans) à Oktyabr, Ouzbékistan.

Réside à Indio, Californie, USA.

 

Poids Super-Légers

 

Gaucher

 

Entraîneur : Joel Diaz

 

Palmarès amateur :

  • 1/4 de finaliste Olympique 2016 chez les -64 kgs pour la Turquie

 

Passage en professionnel le 23 février 2017.

 

Record Professionnel : 7-1, 6 KOs.

 

N°5 WBA Poids Super-légers

Batyr Akhmedov est l’exception de cette liste. D’abord, parce qu’il ne boxe pas sous les couleurs ouzbeks, bien que né en Ouzbékistan. Ensuite, il est le seul à compter une défaite depuis son passage chez les professionnels. Mais il fait partie intégrante de l’équipe menée par Joel Diaz, et managé par Kornilov. Et sa seule défaite chez les professionnelles est considéré par certains comme un vol des juges…

 

C’est cette défaite qui fait connaître Akhmedov au grand public. Le 28 septembre dernier, il rencontre Mario Barrios (24-0, 16 KOs) en undercard de Spence Jr vs Porter, l’un des combats phares de la fin d’année. Barrios, jeune espoir signé par PBC et entraîné par Virgil Hunter, était donné largement favori à l’entrée du combat. Mais, malgré deux passages au tapis infligés par Barrios sur des contres, Akhmedov semble en domination totale du combat et les membres des médias s’accordent dans ce sens. Les statistiques, fournies par Compubox, confirment également cette vision du combat : Akhmedov touche son adversaire à 238 reprises, tandis que Barrios ne compte que 135 touches. Mais les juges accorderont une victoire contestée à l’Américain, sous les sifflets de la foule. Le clan Akhmedov porte immédiatement un recours, et la WBA ordonne une revanche automatique. 

 

Si la prestation concluante d’Akhmedov  et le résultat controversé délivré par les juges ont marqué le public, l’Ouzbek se fait également remarqué pour sa mentalité. En effet, Mario Barrios était considéré par beaucoup comme un boxeur à éviter, car dangereux. Encore plus pour un boxeur aussi inexpérimenté qu’Akhmedov.

 

« Nous acceptons des combats plus durs que n’importe qui dans le monde et il n’y a pas d’équipe comme la nôtre », déclare Batyr Akhmedov. « C’est vrai que beaucoup de gens ne nous connaissent pas, mais nous sommes des vrais combattants qui veulent les meilleurs combats. Nous ne voulons pas rencontrer des adversaires qui servent de punching-ball, avec 15 défaites, que certains utilisent pour accumuler 20 victoires et mentir aux fans. »

« Nous manquons encore d’exposition parce que nous ne sommes pas sur les médias sociaux, mais les gens sauront qui nous sommes dans les prochains mois, quand tout le monde va gagner ses combats. On est pas là pour s’amuser. Nous travaillons – plus que quiconque – et nous sommes des gens qui connaissent leurs rêves et leurs objectifs, et qui ne font que les suivre ».

Shakram "Wonder boy" Giyasov

Né le 7 juillet 1993 (26 ans) à Bukhara, Ouzbékistan.

 

Réside à Indio, Californie, USA.

 

Poids Super-légers

 

Droitier

 

Entraîneur : Joel Diaz

 

Record Amateur : 300-18

 

Palmarès amateur :

  • Argent Olympique en 2016 chez les -69 kgs
  • Champion du Monde Amateur en 2017
  • Détenteur du trophée de meilleur boxeur des Championnats du Monde 2017

 

Passage en professionnel le 10 mars 2018.

 

Record Professionnel : 9-0, 7 KOs

 

N°7 WBA / N°15 IBF / Champion WBA Intercontinental Super-légers

Shakram Giyasov découvre la boxe dès son plus jeune âge, aux côtés de son père. Egalement boxeur, il l’aide à s’entraîner avant de le diriger vers une salle de boxe. A dix ans, le jeune Shakram déclare à son entraîneur qu’il sera « le prochain Roy Jones Jr ». En 2016, 28 ans après la défaite controversé de Roy Jones en finale Olympique, Giyasov s’incline face au Kazakh Yeleussinov et s’empare de la même médaille d’argent que son idôle.

 

A sa sortie des Jeux Olympiques, Giyasov est le premier à être repéré par Vadim Kornilov. L’établissement  d’une relation de travail fructueuse permet à Giyasov de présenter le manager à ses compatriotes, qui le rejoigne au fur et à mesure en Californie. 

Si son expérience des rangs amateurs est indéniable, Giyasov a montré à plusieurs reprises de l’impatience dans sa recherche des KO. Conscient de son manque de maturité, il s’accorde avec Diaz et Kornilov sur un objectif : atteindre une place de challenger mondial pour son 10e ou 11e combat. 

 

« Il a toute l’expérience nécessaire ; il a combattu plus de 300 combats amateurs. Il a juste besoin d’être plus détendu et de prendre son temps sur le ring. Parfois il s’excite trop, et c’est ce sur quoi nous devons travailler – rester calme, concentré et détendu » déclare Joel Diaz à son propos.

 

Une ceinture mineure WBA (Intercontinental) lui permet de monter dans les classements, et sa dernière victoire en date face à Darleys Perez lui assure une place dans le top 10 de la WBA.

 

En août dernier, le public mexicain du Centro de Usos Multiples voit un Ouzbek anonyme monter sur le ring. Trente secondes après le début du combat, l’Ouzbek déclenche un crochet gauche qui électrocute son adversaire et l’envoie au tapis. Perez ne se relève pas, et Giyasov sort de son anonymat. La foule l’acclame, et réclame des photos à sa descente de l’enceinte.

 

Malgré la présence d’un autre membre de l’équipe dans cette même catégorie (Batyr Akhmedov ndlr), l’ascension de Giyasov dans les classements de la WBA ne semble pas ralentir. Avant une opportunité de titre mondial pour 2020 ? 

Israil "The dream" Madrimov

Né le 16 février 1995 (24 ans) à Khiza, Ouzbékistan.

 

Réside à Indio, Californie, USA.

 

Poids Super-welters

 

Droitier

 

Entraîneur : Joel Diaz

 

Record Amateur : 475 combats

 

Palmarès amateur :

  • Nommé meilleur boxeur de la saison 2017 par la WSB
  • S’impose à deux reprises face au Champion Olympique cubain Arlen Lopez

 

Passage en professionnel le 24 novembre 2018.

 

Record Professionnel : 4-0, 4 KOs

N°3 WBA / Champion WBA Intercontinental Super-welters

« Je me rappelle avoir pleurer tellement j’avais froid… Je me rappelle avoir senti mes larmes geler sur mes joues ». Né dans un petit village rural d’Ouzbékistan, l’enfance d’Israil Madrimov n’est pas spécialement joyeuse. Élevé par sa mère, il sent les responsabilité d’aîné de la famille peser sur ses épaules. Très jeune, il prend la décision de subvenir aux besoins de sa famille grâce à la boxe. Deux ans après ses débuts, il remporte son premier titre national. S’ensuit une incroyable épopée dans le monde amateur, qui l’emmène notamment sur les rings de la WSB. Au sein de la franchise des Tigers, il remporte deux rencontres face au Champion Olympique de Rio, Arlen Lopez. En 2018, Madrimov est approché par Kornilov et rejoint les rangs de l’équipe entraîné par Joel Diaz à Indio.

Et Joel Diaz tombe amoureux de son nouveau joyau ouzbek. Il décrit sa première rencontre avec Madrimov comme un coup de foudre qu’il n’avait plus ressenti depuis avoir vu Terence Crawford venir mettre les gants dans sa salle. Intarissable en éloges à propos de son boxeur, il assure être capable de remporter un titre mondial… dès son troisième combat.

 

« Mettez Israil Madrimov et Jaime Munguia (alors Champion WBO Super Welters ndlr) sur un ring… Munguia ne survivrait pas 6 rounds. » déclarait Joel Diaz en mars dernier. « Ne perdez pas ce gosse des yeux. C’est la prochaine star de la boxe ! Je vous le garantis. »

 

Et certains experts partagent cet avis. Steve Kim, correspondant d’ESPN, affirme miser sur Madrimov si il venait à affronter l’ancien Champion WBA et IBF Jarrett Hurd. ESPN classe également Madrimov comme le 3e meilleur espoir de l’année 2019, derrière Vergil Ortiz Jr et Daniel Dubois.

 

Si les espoirs placés sur Madrimov peuvent laisser dubitatif, son éthique de travail et sa volonté sans faille fait l’unanimité. Comme à ses débuts, Madrimov ne boxe pas pour la gloire ou le succès. Son motivation reste d’améliorer la situation de sa famille. Le cancer contracté par sa mère et les frais de santé qu’il engendre, les études de ses petits frères… Israil Madrimov porte toujours sa famille sur son dos. 

 

« Mon rêve est de vivre confortablement avec ma famille. La chose la plus importante pour moi est de faire sourire ma mère. Quand elle sourit, je me sens heureux. Je fais de la boxe depuis 14 ans et je ne suis toujours pas qui je veux être, mais, croyez-moi, grâce à mes origines, cela m’aide dans les moments difficiles. Je ne vais pas abandonner. Il n’y a pas moyen que je puisse arrêter de faire ce que je fais. Il n’y a pas d’autres solutions pour moi. »

 

Et le niveau montré par Israil Madrimov lors de ses quatres premières sorties chez les professionnels prouve qu’il possède de moyens en adéquations avec ses ambitions. Puissant des deux mains, capable de boxer dans les deux cadres, insaisissable et toujours en recherche d’angles de frappes, il détruit avant la limite ses quatre premiers adversaires. Il mêle une technicité et une coordination hors pairs à des frappes puissantes empreintes d’intention de blesser l’avdersaire.

En mars dernier, Israil Madrimov bénéficie d’un soutien de renom en la présence d’Eddie Hearn. Il signe un contrat de co-promotion aux côtés de Matchroom Boxing USA, et voit désormais ses combats diffusés sur les antennes de DAZN et Sky Sports. Son prochain combat, en undercard du choc Mikey Garcia vs Jessie Vargas, le verra affronter Charlie Navarro (29-9-0, 22 KOs). 

 

Et si les performances pugilistiques de Madrimov ne vous ont pas convaincus… Ses entraînements spécifiques « jeu de jambes » le feront peut-être

Bektemir "bully" Melikuziev

Né le 8 avril 1996 (23 ans) à Bukhara, Ouzbékistan.

 

Réside à Indio, Californie, USA.

 

Poids Super-moyens

 

Gaucher

 

Entraîneur : Joel Diaz

 

Record Amateur : 180 victoires par KO en 350 combats

 

Palmarès amateur :

  • Argent aux Championnats du Monde Amateur en 2015 chez les -75 kgs
  • Argent Olympique en 2016 chez les -75 kgs
  • Bronze aux Championnats du Monde Amateur en 2017 chez les -81 kgs

 

Passage en professionnel le 13 juin 2019.

 

Record Professionnel : 4-0, 3 KOs

 

N°15 WBA Super-Moyens / Ceinture WBA Continental Americas

Professeur, le père de Bektemir Melikuziev désire plus que tout voir l’un de ses fils réussir dans le milieu du sport. Et son choix se porte naturellement sur Bektemir, d’un tempérament bagarreur. Mais, incapable de trouver une salle de boxe correspondant à ses moyens financiers, il confie l’éducation pugilistique de son fils à un entraîneur de karaté. A 15 ans, Bektemir devient Champion national et les opportunités de rejoindre une structure plus adaptés à son talent se présentent. En 2016, il s’incline en finale Olympique face au Cubain Arlen Lopez et décide de poursuivre plusieurs saisons dans les rangs amateurs. L’occasion de glaner une deuxième médaille aux Mondiaux en 2017, cette fois dans la catégorie supérieure.

 

Il rejoint l’équipe des Ouzbeks réunit par Kornilov, et passe professionnel en 2019. Quelques mois lui suffisent à engranger trois victoires par KO en trois combats. La dernière en date, en undercard du combat Canelo-Kovalev, attire l’attention d’Oscar De La Hoya. Quelques jours plus tard, un accord de co-promotion de l’Ouzbek est conclu par Kornilov et GoldenBoy Promotions. Le premier combat issu de cette co-promotion arrive un mois plus tard, lorsque Melikuziev rencontre l’expérimenté Vaughn Alexander. Dur au mal, l’Américain ne tombe pas malgré les assauts violents et répétés de l’Ouzbek. Les juges seront pourtant sans pitié, accordant unanimement un score de 10 rounds à 0 à l’avantage du jeune médaillé Olympique. 

 

Né d’une lignée de forgerons, Bektemir Melikuziev possède la génétique de ses ancêtres. Son système musculaire, qui a servi pendant plusieurs générations à battre le fer, trouve désormais son utilité dans l’art d’envoyer ses adversaires au tapis. Et son style de boxe est totalement adapté à son physique : pression tout terrain et frappes puissantes sont constamment au rendez-vous lors de ses combats. Son surnom « Bully » (Brute ndlr) témoigne de cette agressivité constante.

 

« Je suis génétiquement fait pour cela », a déclaré Melikuziev. C’est pourquoi on m’appelle « Bully », pas seulement parce que je suis méchant, mais parce que je ressemble à un bulldog. Je ne sais pas exactement d’où vient cette puissance, mais j’ai toujours réussi à faire mal à mes adversaires. Et j’aime leur faire du mal », a-t-il poursuivi. « Je veux gagner par KO. Quand je blesse les gens, je ris toujours. Ce n’est pas que j’aime voir les gens blessés, mais cela fait partie de mon travail et si je suis sur le ring contre quelqu’un, je suis là pour le blesser ».

 

Dans une catégorie en manque de qualité à son sommet, l’essor de Bektemir Melikuziev pourrait être plus rapide que prévu. Et son ascension vers le sommet risque d’être semée des corps inconscients de ses adversaires.

Bakhodir "big uzbek" Jalolov

Né le 8 juillet 1994 (25 ans) à Sariosiyo, Ouzbékistan.

 

Réside à Indio, Californie, USA.

 

Poids Lourds

 

Gaucher

 

Entraîneur : Joel Diaz

Palmarès amateur :

  • Défaite en 1/4 de finales des Jeux Olympiques en 2016 contre Joe Joyce
  • Champion du Monde Amateur en 2019

 

Passage en professionnel le 5 mai 2018.

 

Record Professionnel : 6-0, 6 KOs

Lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Rio en 2016, Bakhodir Jalolov a l’honneur d’être le porte-drapeau de sa délégation. Malgré de belles performances, son manque d’expérience lui cause une défaite en 1/4 de finales face au futur Vice-Champion Joe Joyce. Après avoir accordé une partie de son temps à ses études, le géant Ouzbek décroche un master en sciences du sport et se concentre sur la carrière. En mai 2018, il passe dans les rangs professionnels et signe chez LouDibella Entertainement. Six combats professionnels en l’espace d’un an le voit vainqueur à six reprises par KO. 

 

Mais son parcours amateur lui laisse un goût d’inachevé, et Jalolov profite des nouveaux réglements de l’AIBA pour participer aux Championnats du Monde Amateurs en 2019, dont il sortira vainqueur. En 1/4 de finales, il relance la polémique de la place des boxeurs ayant une carrière professionnel dans les rangs amateurs, en envoyant son adversaire au tapis d’une frappe dévastatrice. Mauricio Sulaiman, président de la WBC, s’indigne de ce KO : « Brutal et criminel de permettre à un boxeur professionnel Uzbek Jalolov, avec un record de 6-0 en tant que pro, de boxer en Russie contre l’américain Torrez, âgé de 20 ans, qui est surclassé, surpassé et bien plus petit. Jalolov est prévu pour son septième combat pro dans 11 jours. »

Pourtant, Jalolov n’est en rien responsable de son niveau supérieur à celui de Torrez, international américain depuis 5 ans et fier d’un record amateur de 113 victoires en 120 combats. La polémique meurt dans l’oeuf, et l’Ouzbek retourne s’entraîner auprès de Joel Diaz en vue de ses prochaines échéances chez les professionnels.

 

Bien que jeune et encore très immature pour la catégorie des poids lourds, le style, la taille et la puissance de Jalolov font de lui un potentiel acteur majeur des prochaines années. A l’image d’un Hrgovic ou d’un Yoka, Jalolov représente le futur de la catégorie reine de la boxe.