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Black Lives Matter : Le témoignage poignant de Timothy BradleyLe 11/06/2020

Timothy Bradley est un multiple Champion du Monde dans deux catégories de poids. Au cours de sa longue carrière, il cumule 33 victoires en 36 combats, dont des succès face à Manny Pacquiao ou Juan Manuel Marquez. En 2013, il s’illustre en s’imposant face à Ruslan Provodnikov dans un affrontement qui sera élu unanimement combat de l’année.

 

Retraité depuis 2016, il réussit sa reconversion en tant que commentateur sur les antennes d’ESPN. Présent mardi soir pour analyser la réunion qui a vu le retour de Shakur Stevenson, il a également été invité à s’exprimer sur le mouvement Black Lives Matter. Dans un témoignage poignant, il raconte son expérience des contrôles au faciès.

"Ils nous ont arrêté à cause de la couleur de notre peau"

Nous nous préparions pour l’école tôt le matin, je suis sorti et j’ai demandé à mon fils dans quelle voiture il voulait rouler aujourd’hui. J’ai une voiture que j’avais réparée depuis un petit moment et je n’avais pas conduit depuis environ trois ans. Et je savais qu’il allait dire cette voiture, mais j’étais un peu sceptique à l’idée de monter dans cette voiture parce que je savais le type d’attention qu’elle allait recevoir. Mais j’y suis monté quand même parce que je voulais voir le sourire de mon fils.

 

J’étais à mi-chemin de l’école de mon fils quand j’ai entendu des sirènes derrière moi… Par non pas une, non pas deux mais quatre voitures de police.

 

J’ai regardé mon fils, mon cœur battait à 160 km/h. J’ai dit à mon fils : « Regarde-moi. Fais exactement ce que je te dis de faire maintenant. Ne dis rien du tout. Garde les mains en l’air. »

 

Les officiers m’ont finalement laissé partir en découvrant qui j’étais, mais mon fils m’a demandé pourquoi ils nous ont arrêtés ? Et j’ai répondu, mon fils, ils nous ont arrêtés à cause de la couleur de notre peau et du type de voiture que nous conduisons. Et je l’ai dit à mon fils à l’âge de quatre ans. Je lui ai dit qu’il ne comprends peut-être pas maintenant, mais qu’il comprendrait plus tard. Mon père a partagé cette même histoire avec moi il y a 30 ans et je l’ai partagée avec mon fils il y a un an.

Un mouvement social qui rassemble

Le décès de George Floyd lors d’un contrôle police dans le Minnesota le 25 mai dernier a ravivé la flamme de la lutte pour les droits civiques. Et le monde de la boxe n’échappe pas à ce vent de révolte qui soulève le pays de l’Oncle Sam. Plusieurs boxeurs sont monté sur le ring en portant le sigle « Black Lives Matter » sur leurs corps, pendant que d’autres s’exprimaient dans les médias.

 

L’histoire de la boxe est intimement liée à celle de la lutte contre les inégalités raciales. Jusqu’au début du 20e siècle, la tristement célèbre distinction de titre mondial pour les blancs et pour les « colorés » empêchait les boxeurs Noirs de pouvoir remporté un Championnat du Monde. Brisée en 1908 par Jack Johnson puis en 1937 par Joe Louis, cette distinction n’est désormais plus d’actualité .Muhammad Ali, figure la plus marquante du sport s’est illustrée pour son implication dans cette lutte. Parallèlement, plusieurs légendes du sport ont été victimes de leurs couleurs de peau : Rubin Carter, challenger mondial des poids moyens et enfermé injustement pendant 28 ans, en est l’exemple le plus marquant.